La Langue de CERVANTES

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Lors de mes recherches, sur le web, j’ai pu constater que dans la région du Sud-Est de
l’Espagne, Elche, Orihuela et Murcia, on utilisait actuellement pas mal d’expressions à la
mode chez nous en Oranie. Ce sont donc des régionalismes que nos grands- parents avaient
ramenés d’Espagne. Ils n’avaient donc parfois rien inventé ou détérioré.

En lisant
Pérez Galdós et des écrivains modernes comme Cela, Delibes et bien d'autres
encore, j'observe que, lorsqu'ils donnent la parole aux gens de la campagne ou au petit
peuple de Madrid, apparaissent parfois les mêmes archaïsmes et les mêmes fautes de
langage qui émaillaient notre espagnol. Alors ? !

Pérez Galdós , par exemple , dans la Desheredada, nous en donne un échantillon, dans les
propos d’un petit banlieusard Madrilène : «
Estarvus quietos ! Vus voy a reventar ! » Ne
bougez pas ! Je vais vous éclater ! La correction exigerait «
Estaros quietos ! Os voy a
reventar ! »

Malgré toutes les remarques faites ci-dessus, ce serait beaucoup se méprendre que de
sous-estimer notre bagage linguistique.
Que d’expressions, souvent imagées, que de dictons, que de proverbes, faisaient partie de
notre langage ! Tout ce qui constitue l’âme profonde d’une langue et que l’on n’a pas
l’occasion ou le temps d’apprendre au lycée ni même à l’université.

Sancho Panza, ce sage analphabète qui avait toute la sympathie de Cervantes, affirmait à
peu près ceci : «
Je ne sais ni lire ni écrire, et pourtant je ne sais quelle est cette
mésaventure qui veut que je ne sache raisonner sans dire un proverbe, ni dire un proverbe
qui ne soit raison.
»

Combien d'entre nous, y compris ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de lire ou d'écrire la
langue, n'ont-ils pas constaté avec bonheur qu'ils étaient capables de suivre un programme
de télévision espagnole ou d'engager la conversation, lors de vacances, avec nos voisins
transpyrénéens, sans problèmes majeurs. Bien sûr le vocabulaire manque parfois et la
prononciation est quelquefois défectueuse, mais l'essentiel est réalisé: comprendre et
être compris.

Combien d'élèves de classe de terminale sont-ils capables de faire aussi bien?