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L’ACCENT DE LA-BAS...


Oh! mon Dieu! Ils m’ont tout pris : mon pays, ma maison, mon ciel bleu,
Mes djebels et ma petite église.
De mon pays perdu, il ne reste plus que l’accent .
Seigneur! Faites que le temps qui passe ne me prenne pas mon accent

Ce n’est pas que l’accent de la Provence ne sent pas bon le thym et la lavande...
Ce n’est pas que l’accent du Nord n’est pas noble et généreux...
Ce n’est pas que l’accent de Paris n’est pas beau...
Mais le mien, Seigneur, c’est tout ce qui me reste de là-bas!

Parfois il y en a qui disent que mon accent il sent la merguez.
Ils ne savent ces ignares, qu’au lieu de me vexer,
Ils remplissent mon coeur de joie.
Oh! Seigneur, faites que le temps qui passe ne m’efface pas mon accent.

Parce que vous savez Seigneur;
cet accent-là,
C’est l’accent de mon pére qui, à Monté Cassino, a crié a ses tirailleurs:
“ Allez Larbi ! A Mohamed ! Et en avant nous zôtres, pour la France ! “
Cet accent-là, Seigneur,
C’est l’accent de mon grand-père qui a crié à Verdun à ses Zouaves :
“ Allez Pépico ! Allez Juanico ! Baïonnette au canon et vive la France “

Si le temps me prend mon accent, comment je vais faire mon Dieu
pour raconter à mes petits-enfants, avec l’accent de Paris,
Comment c’était chez nous-zôtres ?

Vous m’entendez mon Dieu, moi, avec l’accent d’ici,
Leur dire comment criait le marchand de légumes
Dans les ruelles de chez nous ?

C’est pas que l’accent d’ici n’est pas joli,
Mais mon Dieu, vous m’entendez leur dire
Les gros mots que l’on disait à Galoufa, l’attrapeur de chiens,
Avec l’accent, de Paris, Marseille, ou de lyon ?

Alors Seigneur, je vous en supplie,
Laissez-le moi encore un peu l’accent de là-bas,
L’accent de mon pays perdu.


Auteur inconnu



R E P E N T A N C E

Ecrit l'été 1972 par ROBERT dit BOB





Ode à Marc


De notre village perdu tu fus le dernier maire

Appelez moi Marc disais-tu simplement

Pour tes administrés comme l’aurait fait un père

Secourir les plus faibles tu avais fait serment

Dans la famille Tournut toujours tu fus le sage

Au service des plus humbles beaucoup tu te donnais

Les Arzewiens émus te rendent ce bel hommage

En paradis Pieds-Noirs repose en paix à jamais

Antoine GUTIERREZ



JE NE RETOURNERAI PAS


Je n’irai pas franchir de l’amertume le seuil
Ouvrir le souvenir dont je porte le deuil
Ajouter à la peine la peine d’une torture
Et raviver le feu des anciennes blessures

Je n’irai pas fleurir la tombe du passé
Et offrir ma douleur aux intrus compassés
A quoi bon exhumer des fantômes incrédules
Afin de les convier au leurre du somnambule

Je n’irai pas chercher la trace de mes pas
Dans le sable de l’oubli qui ne me connaît pas
Vers quelle nostalgie, quelle infinie tristesse
Me conduirait l’émoi par de fausses caresses

Étranger dans ma ville, dans ma propre demeure
J’entends Roro dire “plus triste que moi tu meurs”
Comment exorciser, feindre des retrouvailles
Sur les lieux où la foi connut ses funérailles

Je ne veux pas partir et remuer les cendres
Les traces d’une vie qu’on ne veut plus entendre
Je tiens à conserver ces précieux privilèges
De voir, d’entendre ma ville sans aucun sacrilège

Quand ma pensée s’évade et se pose au hasard
Rien ne vient m’assombrir, désemparé, hagard
Ni le nom d’une rue et ses bruits coutumiers
Le rythme de son cœur à jamais familier

Je garde au fond de l’âme de si douces images
Que je crains les chimères, les pièges du mirage
Le pèlerin se meurt quand il trahit sa foi
Je n’irai pas mourir une seconde fois

Étienne MUVIEN
23 octobre 2005


Oran - Arzew


Source “ L’Echo de l’Oranie “